L’imposture des “biocarburants”
Publié par BlogOPhil dans Ecologie, tags: Agriculture, biocarburant, décroissance, RéchauffementUne nouvelle étude démontre l’impact négatif des “biocarburants” sur l’environnement et leur bilan finalement négatif sur les gaz à effet de serre. A lire pour ceux qui en douterait encore.
Cela fait des mois que l’on parle de ces “biocarburants” comme la solution miracle à la disparition du pétrole.
Tout d’abord, arrêtons de les appeler des “bio”-carburants. Ils n’ont rien de bio, si ce n’est leur origine végétale. Leur vrai appellation est agro-carburant.
Une récente étude affirme même qu’ils produisent 70% de gaz à effet de serre en plus que les carburants classique. On assimile souvent effet de serre et CO2. Hors il y a d’autres gaz qui ont la capacité de renforcer l’effet de serre. La plupart sont souvent bien plus efficace que le CO2.
L’étude publiée dans la revue “Atmospheric Chemistry and Physics Discussions” montre que les engrais utilisés dans les exploitations agricoles émettent entre trois et cinq fois plus de gaz à effet de serre que ce l’on pensait. Conséquence directe, le CO2 absorbé par les plantes lors de leur croissance est plus que compensé par l’oxyde nitreux émis par les engrais. Ce dernier est 300 fois plus nocif pour le climat que le dioxyde de carbone.
Utiliser du biodiesel dérivé des graines de colza pourrait produire entre 1 et 1.7 fois plus de gaz à effet de serre que ceux produits lors de l’utilisation d’un diesel conventionnel, d’après l’étude.
Les cultures intensives de colza en Europe sont d’ailleurs particulièrement visées par cette étude. Cependant elle ne remet pas complètement en cause le principe des agro-carburant, mais préconise l’utilisation d’espèces végétales nécessitant peu d’engrais pour leur croissance.
Si l’on ajoute les effets négatifs sur les sols (appauvrissement) et sur les nappes phréatiques (pollution par les nitrate) de ces cultures le bilan est franchement minable.
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A lire aussi la “Lettre d’évaluation” d’octobre 2007 publiée par le Ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables ici qui fait un bilan des biocarburants. On se rend compte à sa lecture que le lobby agricole n’a pas trop de soucis à se faire avec notre gouvernement. Si certains inconvénients sont bien pointés du doigt, on y parle tout de même de soutien financier pour la filière et je cite : “une volonté affichée par l’Europe de garantir le caractère durable de ses biocarburants”. On le voit leur remise en cause n’est pas à l’ordre du jour contrairement à nos voisin teuton que je cite souvent en exemple. Voir ici.
Encore une preuve que la recherche de produits de substitution nous permettant de ne rien changer à nos habitudes est une voie sans issue. Elle incite notre penchant naturel à vouloir conserver “nos acquis” sans accepter de les remettre en cause. Pourtant de grès ou de force les changements qui arrivent nous devrons les accepter. Alors autant accompagner le mouvement pour que “l’adaptation” ne soit pas trop brutale.
Je commence à me rapprocher de ce fameux concept de la décroissance. Je vous invite à vous y intéresser aussi. Je ne suis cependant pas encore totalement convaincu. Tout le monde ne peut pas faire de la “décroissance”. A quoi cela rimerait pour ceux dont les revenus sont déjà faibles ?











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1 octobre 2007 à 21:51 - Editer
Admettons que les biocarb soient pas la bonne solution, faudra quand même bien remplacer le pétrole un jour et pour l’instant je vois pas d’autre solutions. Les voitures à air, électriques, hydrogène et autre gazogène sont pas vraiment encore au point ou tout du moins pas vraiment équivalent…
Pour ce qui est de la décroissance, j’arrive pas du tout à accrocher. On dirait un remake des soixante-huitard qui veulent retourner élever des chèvres dans le Larzac. Très peu pour moi !!
En tout cas, il me semble que cette piste doit être explorée en attendant que l’on trouve un vrai remplaçant au pétrole pour les voitures.
Quoique, je ne suis pas sur que mon Grand Cherokee puisse fonctionner à l’éthanol…
3 octobre 2007 à 22:12 - Editer
Un point noir non pointé des effets indésirable des bio carburant : la consommation d’eau des cultures…
Mon Ami Super elle fonctionne à l’huile de friture et elle consomme 10l/100km en ville… Beurk !
Et oui nous vivons dans une société de consommation de communication (Si si messieurs dames les bloggueurs) et le marketing ou le lobbying, en la matière, fonctionne aussi bien pour le nucléaire que pour les bio-carburant. Les deux ont des inconvénients et on essaie de vous faire croire que c’est très bien. Mais surtout que c’est LA solution à nos problèmes. Alors que ce n’est qu’une façon de remplacer le pétrol.
Gardons les yeux ouverts et l’esprit clair pour ne pas prendre pour des lanternes certaines vessies.
Dit autrement : “restons à l’ombre et buvons frais…”